Bo bun « fusion »

Il y a un certain temps de ça, avant de m’intéresser réellement à la cuisine et à la diététique, j’allais souvent manger « chinois » (je dis « manger chinois » comme je pourrais dire « me taper une pizza », j’entends par là plutôt « boui-boui asiatique »). Mais voilà, ça, c’était avant. Avant par exemple que j’apprenne les dangers du glutamate de synthèse, cet exhausteur de goût présent dans la quasi totalité des produits industriels transformés, et malheureusement très répandu dans la cuisine asiatique, notamment chinoise et thaïlandaise. (Alors qu’on se le dise, chez nous aussi, puisque qu’on le retrouve entre autres et sous diverses appellations dans les fameux cubes de bouillon, fonds de sauce et jus déshydratés, ou encore condiments du type marmite, maggi, etc. très utilisés à la fois par les ménagères et par les restaurateurs, pour « relever » les plats ou masquer l’absence de goût des produits utilisés…). Or on le sait aujourd’hui, une absorption trop importante de glutamate chimique peut avoir des conséquences désastreuses sur la santé, si bien que certains restaurateurs asiatiques font même aujourd’hui du boycott de cet additif leur publicité ! Bref, je ne vais pas m’éterniser sur le sujet, tout ça pour dire qu’aujourd’hui, la plupart du temps, quand je veux « manger chinois », j’enfile mon tablier et m’installe aux fourneaux ! C’est souvent long et fastidieux, mais au moins je sais (à peu près) ce que j’ingère. En plus, ça revient bien moins cher, et c’est souvent meilleur !

Revenons donc à nos moutons. J’avais très envie de quelque chose qui se rapproche du bo bun, cette spécialité vietnamienne à base de vermicelles de riz froides, de crudités, de diverses herbes aromatiques et de lamelles de bœuf sautées « au moment ». Alors j’ai composé avec ce que j’avais sous la main une salade que j’ai décidé d’appeler « bo bun fusion » puisque j’ai utilisé des capellini de blé complet à la place des vermicelles de riz, des protéines de soja à la place du bœuf, du gomasio (ce condiment japonais composé de sel marin et de sésame torréfié), etc. J’y suis allée gaiment, à ma sauce, au feeling, et le résultat s’est avéré réellement concluant : c’était délicieusement parfumé et équilibré. On a adoré ! Voici donc sans plus attendre la recette !

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Bo bun « fusion » (végéta*ien)

Pour 3 personnes :

  • 180g de capellini de blé complet
  • 60g de protéines de soja déshydratées (en épicerie bio) + 120 mL d’eau filtrée
  • 1 càc de 5 épices (j’utilise un mélange que je fais moi-même à base de poivre du Sichuan, badiane, clous de girofle, bâtons de cannelle et graines de fenouil)
  • 1/2 càc de gingembre moulu
  • 1/4 càc de coriandre moulue
  • 1 gousse d’ail, hachée
  • quelques gouttes de tabasco
  • 2 petites carottes
  • 1 échalote
  • 1 petit piment vert doux marocain
  • 1 cm de gingembre frais
  • une poignée de brins de coriandre fraîche (les pluches seront ciselées pour le service et les tiges émincées finement iront dans la sauce)
  • 1 càs de purée de cacahuètes nature
  • 1 càs de sauce soja tamari bio
  • quelques gouttes d’huile de sésame
  • 1/4 càc de flocons de piment
  • 1 càs d’eau
  • gomasio, poivre fraichement moulu

Commencer par réhydrater les protéines de soja. Les placer dans un petit saladier et les couvrir de deux fois leur volume d’eau bouillante. Ajouter le mélange d’épices, l’ail haché et le tabasco. Bien mélanger et laisser gonfler une vingtaine de minutes.

Pendant ce temps, préparer les capellini. Faire bouillir une grande quantité d’eau salée et les faire cuire selon l’indication du paquet. Les égoutter, rincer à l’eau froide pour stopper la cuisson, puis placer l’égouttoir dans la casserole remplie d’eau froide. Ils resteront ainsi parfaitement souples et ne colleront pas.

Préparer les crudités. Peler et émincer en très fine julienne les carottes, le gingembre, l’échalote et le piment vert doux. Ciseler les pluches de coriandre et émincer très finement les tiges. Réserver.

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Réaliser la sauce. Mélanger la purée de cacahuètes, la sauce soja, l’huile de sésame et les flocons de piment et détendre avec un peu d’eau tiède. Ajouter les tiges de coriandre émincées.

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Enfin, cuire les protéines de soja. Les égoutter en prenant soin de garder leur eau de trempage épicée. Les faire revenir quelques minutes dans une poêle à feu vif, puis ajouter progressivement le bouillon de trempage, comme pour un risotto, à feu moyen. Une fois tout le liquide absorbé, réserver au chaud pendant que vous procédez au dressage des assiettes.

Dans trois grands bols, disposer les capellini bien égouttés. Répartir ensuite au-dessus les crudités, puis enfin les protéines de soja chaudes. Arroser généreusement de sauce, puis saupoudrer de coriandre fraîche, de gomasio et de poivre fraichement moulu.

Régalez-vous sans attendre ! Tous les arômes se mêlent divinement dans cette salade haute en couleurs et en contrastes (chaud-froid, cuit-cru, fondant-croustillant-moelleux, sucré-salé, épicé-doux…). Je vous assure, c’est un délice !

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Raviolis aux épinards, tahini et éclats de noix torréfiées

Vous vous en serez doutés, nous avons fait le choix depuis quelque temps déjà de réduire notre consommation de viande/poisson, et ce pour des tas de raisons (éthiques et écologiques surtout). Cela m’incite à me renouveler au quotidien en cuisine, et c’est un beau challenge. Je (re)découvre tout un tas de légumineuses, de légumes, de plantes, d’herbes et j’apprends à remplacer certains ingrédients par d’autres, assez improbables parfois, dans certaines recettes… Le tout en privilégiant toujours et quoiqu’il arrive le goût ! Moi à qui on n’aurait pas pu faire avaler de tofu, qui étais persuadée que le soja était fade et surtout bourré d’OGM, je me suis rendu compte que ce n’était pas forcément vrai (à condition de se procurer du soja bio français, certes un peu plus cher mais infiniment meilleur et à impact environnemental moindre), et qu’il suffit en réalité de bien le cuisiner pour révéler son potentiel aromatique. D’ailleurs j’en apprends tous les jours sur cette plante, qui ne cesse de m’émerveiller par la multiplicité de ses usages possibles et de ses bienfaits. Mais je reviendrai à l’occasion sur le soja, qui j’en suis sûre s’invitera désormais régulièrement ici, car il ne fait même pas partie des ingrédients de la recette d’aujourd’hui ! 😉

Quand j’ai le temps et l’envie de passer une heure à confectionner et farcir des raviolis, j’aime bien faire des pâtes, en les garnissant d’une farce originale (qui dépend du contenu de mon frigo, en fait… !). Il me restait quelques noix bien esseulées dans le compotier, quelques pousses d’épinards dans le frigo… Il n’en fallait pas plus. Comme j’ai toujours de la purée de sésame complet maison en stock (j’en prépare systématiquement un ou deux pots d’avance, car j’adore ça et j’en utilise beaucoup !), j’ai voulu tenter une association épinards-sésame-noix, et je dois dire que ça fonctionne très bien ! Nous nous sommes régalées. Bon, je vous vois venir, trêve de blabla, voici enfin la recette !

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Raviolis aux épinards, tahini et éclats de noix torréfiées

Recette pour deux à trois personnes

Pour la pâte à raviolis :

  • 150g de farine de blé bio T65
  • 75g d’eau filtrée
  • 1/2 càc de sel fin de Guérande

Pour la farce :

  • 2 belles poignées d’épinards frais
  • 1 càc d’huile d’olive
  • une poignée de noix
  • 1 càs de purée de sésame complet (maison, ici)
  • 1 càs de farine de blé bio T65
  • 1/2 càc de sel fin de Guérande
  • 1/4 càc d’ail en poudre
  • quelques tours de moulin de poivre noir

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Commencer par préparer la farce. Casser et ouvrir les noix, concasser grossièrement les cerneaux et les faire torréfier deux-trois minutes à sec dans une casserole à fond épais. Réserver.

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Laver soigneusement les pousses d’épinards et les égoutter. Faire chauffer l’huile d’olive dans une casserole (j’utilise celle qui a servi à torréfier les noix : gain de temps, économie d’eau, et vaisselle en moins !) et ajouter les pousses d’épinards, les faire cuire quelques minutes à feu moyen en remuant régulièrement.

Débarrasser les épinards cuits dans un petit saladier, ajouter les noix torréfiées, la purée de sésame (tahini), le sel, le poivre, l’ail en poudre puis la farine, et bien mélanger le tout. Couvrir le saladier de film alimentaire et placer au réfrigérateur au moins une demi-heure.

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Réaliser ensuite la pâte à raviolis. Verser la farine dans un saladier et ajouter l’eau progressivement, en mélangeant à l’aide d’une grosse cuiller. Pétrir ensuite la pâte jusqu’à obtention d’une texture élastique. Former une boule, l’envelopper de film et laisser reposer une demi-heure à température ambiante.

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Une fois la pâte reposée, fariner le plan de travail et le rouleau à pâtisserie. Étaler la pâte le plus finement possible, sans hésiter pas à fariner régulièrement.

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Ne disposant pas d’emporte-pièce en forme de raviolis, j’ai opté pour le système D et ai fait des demi-lunes, mais libre à vous de réaliser vos raviolis selon la forme de votre choix ! J’ai donc pour ma part découpé des ronds de pâte et déposé au centre une petite cuiller à café de farce, plié le rond de pâte, pressé les bords du bout des doigts et scellé la jointure à l’aide d’une fourchette (cf. photos ci-dessous), le tout en prenant bien soin de ne pas trouer la pâte.

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Déposer ensuite les raviolis ainsi obtenus les uns après les autres sur une plaque tapissée de papier cuisson ou farinée.

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Une fois que tous les raviolis ont été réalisés, faire chauffer un grand volume d’eau salée dans un large faitout. Lorsque l’eau bout, y plonger un à un les raviolis. Ces derniers sont cuits quand ils remontent à la surface. Les récupérer progressivement à l’aide d’une écumoire et servir immédiatement, avec un filet d’huile d’olive pimentée, quelques pluches de coriandre fraîche, une pincée de fleur de sel et un tour de moulin de poivre noir… Un vrai régal de dimanche soir !