Carrés de polenta aux légumes printaniers nouveaux

J’aimerais commencer cette publication par un petit coup de gueule à l’attention de certains lecteurs qui regardent d’un œil sceptique voire se gaussent du tournant « végé-friendly » que prend peu à peu le blog. Sachez déjà que je n’impose rien à personne, j’ai simplement décidé pour ma santé et afin d’être en accord avec mes principes et mes convictions profondes de réduire ma consommation de chair animale. Par conséquent, quand je consomme de la viande par exemple, je veux savoir d’où elle vient, où la bête a grandi et si elle a été respectée. Vous me trouvez extrême ? Soit, vous avez sans doute raison. Mais je ne pourrais pas me regarder dans un miroir si je n’agissais pas en accord avec ce en quoi je crois profondément. Or aujourd’hui, il suffit de mettre en marche la radio, l’ordinateur, la télévision, pour constater l’ampleur des dégâts en rapport direct avec l’alimentation (dérives de l’industrie agro-alimentaire, dérèglement climatique, OGM, pesticides et développement d’allergies nouvelles, maladies, cancers, obésité, troubles de l’attention, et j’en passe). Vous me répondrez alors : « Dans ce cas, il ne faudrait plus sortir de chez soi, puisque (sans évoquer la nourriture industrielle), même au restaurant (et pas seulement dans les fast foods, loin s’en faut, les gastros ne dérogent pas à la règle !), on nous sert des produits non bios, donc bourrés d’OGM, qui ont fait le tour du monde, raffinés, industriels parfois et pleins de glutamate. Il ne faudrait pas non plus aller boire une bière avec les copains, car la plupart des boissons servies dans les bars ne sont pas bios et de ce fait remplies de stabilisants, de céréales raffinées et OGM, de sucres OGM, de conservateurs, ou encore d’hydrofluorocarbures. Il ne faudrait même plus aller boire un café ou un chocolat chaud en terrasse, car la plupart des cafés servis et des chocolats/cacaos que l’on trouve dans le commerce sont issus de filières esclavagistes et participent de la déforestation, du travail des enfants… ». Oui, la liste est encore longue, alors je vais m’arrêter là. Certes, il peut sembler difficile de lutter. C’est pourtant possible, et cela commence chez soi, par son assiette, en appliquant ses propres principes et en arrêtant de se dire qu’on ne peut rien changer. C’est nous, les consommateurs, qui avons le pouvoir ! On le voit bien au quotidien lorsqu’on nous martèle que « rien ne va plus, les ménages n’ont pas assez consommé ce mois-ci » ! Rendons-nous compte alors, que si déjà chacun à son échelle essayait par exemple dans un premier temps de boycotter les grandes surfaces et de repenser sa façon de consommer, ça serait un grand pas. Alors non, je ne suis pas végétarienne, non, je ne suis pas végétalienne, je suis peut-être folle, mais je milite simplement pour une consommation plus raisonnée, de TOUT, car j’ai envie de croire en la capacité humaine à s’unir et à faire bloc pour un monde meilleur, notamment contre les géants de l’industrie qui régissent la société, veulent nous imposer leur point de vue et surtout nous faire croire que c’est pour notre bien, pour sauver la planète et l’espèce humaine, réduire les inégalités, et que leur « progrès » est incontournable. J’aimerais simplement que les gens prennent enfin conscience du pouvoir qu’ils ont à incarner individuellement le changement.

C’est pour tout cela que je ne m’approvisionne plus qu’au marché « écolo » de ma ville, seul endroit où je puisse me rendre à pied et trouver des œufs, du beurre, du lait cru et de la crème entière bien épaisse de la ferme, des petits légumes bio au goût incomparable, du pain de seigle au levain rustique et bien corsé, des fromages au lait cru de brebis, de chèvre, de vache… ainsi que, de temps en temps, un petit steak, un saucisson, un rosbif, une escalope,… sur l’étal d’une toute petite femme très gentille, dont le mari élève ses animaux (des vaches salers notamment) en bio dans une petite exploitation cantalienne, où ces derniers vivent paisiblement, sont nourris sans OGM puis abattus dignement.

Ah oui et petite précision au passage, ça ne coûte absolument pas plus cher : Mon panier de légumes bios et de saison me revient en général à une quinzaine d’euros pour trois personnes et pour une semaine. Comparez ensuite le prix des légumes en grande surface, vous verrez… Et je ne vous parle même pas du goût…

Bref, pour résumer, je n’ai plus qu’à citer Gandhi : « be the change you want to see in the world ».

En ce qui concerne la recette d’aujourd’hui, c’est un petit plat complet idéal pour un dîner accompagné de salade verte ou d’une bonne grosse entrecôte saignante (« nan j’déconne »). J’adore la polenta, elle a une saveur vraiment caractéristique, que ce soit en version crémeuse, salée avec un peu de crème et de fromage (avec du parmesan fraîchement râpé, un délice !), sucrée, avec du lait entier cru, des fruits frais ou du caramel, ou encore comme ici : cuite, refroidie en bloc, puis débitée en petits cubes dorés ensuite dans l’huile d’olive ! Un petit plat sain et bon comme je les aime, qui plus est végétalien et sans gluten… héhé 😉

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Carrés de polenta aux légumes printaniers

Pour deux à trois personnes :

  • 100g de polenta bio (c’est important de la choisir bio, car c’est la seule garantie qu’elle soit élaborée à partir de maïs sans OGM)
  • 375g d’eau
  • 1 échalote
  • 1 gousse d’ail
  • 1 petite carotte
  • 1 petit navet nouveau
  • 1 petit poireau
  • 1 poignée de brins de persil frais
  • huile d’olive
  • sel, poivre
  • 1 pincée de flocons de piment
  • 1/2 càc de graines de cumin

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Commencer par apprêter les légumes. Peler et ciseler finement l’échalote et la gousse d’ail, brosser la carotte, le navet et le poireau sous un filet d’eau froide (nul besoin de les peler s’ils sont bios) puis les émincer en fine brunoise. Ciseler le persil.

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Faire chauffer une cuiller à soupe d’huile d’olive dans un faitout, faire suer l’échalote à feu moyen sans coloration, avant d’ajouter l’ail, puis le reste des légumes, le cumin, une cuiller à café de sel et les flocons de piment. Remuer régulièrement, jusqu’à ce que les légumes soient tendres – cela prend une dizaine de minutes. Débarrasser dans un saladier.

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Préparer la polenta. Porter l’eau à ébullition dans une petite casserole avec une pincée de gros sel et y verser en pluie la polenta. La faire cuire en remuant constamment à l’aide d’un petit fouet pendant quelques minutes, puis l’ajouter aux légumes. Poivrer le tout, ajouter le persil ciselé et bien mélanger.

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Huiler un moule carré de 20 cm de diamètre et y verser la polenta aux légumes en lissant bien la surface à l’aide d’une spatule. Laisser refroidir à température ambiante avant bloquer au réfrigérateur pour une heure au moins.

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Ce temps écoulé, démouler le bloc de polenta et le débiter en petits cubes.

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Faire chauffer une poêle avec un fond d’huile d’olive et y faire dorer les cubes de polenta quelques minutes par face. Servir et se régaler sans attendre !

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C’est le genre de recette que j’adore car déclinable selon les saisons, le contenu du frigo et les envies (j’essaierai avec des shiitake la prochaine fois !). Elle est en outre facile à préparer à l’avance ; on peut en effet stocker le bloc de polenta quelques jours au frais et faire dorer les cubes « minute ».

Bon ap’ et à bientôt ! 🙂

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3 réflexions sur “Carrés de polenta aux légumes printaniers nouveaux

  1. Tu reçois des critiques quant à tes choix de recettes et ta « dérive » vers le « mieux manger » ? Ignore-les ! Tu n’as pas à te justifier, quelles que soient les raisons qui motivent tes choix 🙂
    Cela étant dit, je suis heureuse de voir que nous avons vraiment la même vision de l’alimentation, même si je crois que tu es encore plus exigeante que moi. (Quoique, avec mon nouveau job, je vais peut-être me radicaliser un peu plus, j’en apprends des choses intéressantes, notamment sur les « food trends » et comment tout cela est pensé et mis sur le marché…).
    La polenta j’adore ça, qu’elle soit crémeuse, ferme, du jour ou de la veille, grillée, gratinée, poêlée, avec ou sans légumes, avec ou sans fromage (avec de préférence)… et je l’achète comme toi toujours bio. Tes petits carrés doivent être délicieux !

    • Oui, je fais abstraction des quelques échos railleurs que je reçois ! Je m’en fiche, j’ai bonne conscience… J’avais simplement envie d’expliquer un peu ma démarche. C’est maintenant chose faite, je ne reviendrai pas dessus ! 🙂 Merci pour ce message encourageant en tout cas !
      Ces petits carrés étaient délicieux et bien nourrissants au regard des petites quantités de produits requis !
      Tiens, hier soir j’ai fait une soupe à l’oseille (je n’ai pas pu résister en voyant les beaux bouquets sur l’étal de mon maraîcher bio !) en m’inspirant largement de ta recette russe, et je l’ai servie froide, comme tu l’avais préconisé (ce que je n’aurais probablement pas fait le cas échéant), une grande découverte. On a adoré ! L’oseille développe vraiment son goût et son amertume (subtile !) en refroidissant… Miaaaam ! 😀

      • Mille ans plus tard je réponds… je suis ravie que vous ayez aimé la soupe à l’oseille froide ! Pour moi il n’y a pas photo à quel point c’est meilleur comme ça. La recette russe traditionnelle n’est pas mixée, mais je la préfère ainsi moi.

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